Pour les fans de Lormont Hauts de Garonne et de Mios Biganos Handball
31 Mai 2026
Un an presque l'avoir envisagé ... on l'a fait. Les départs annoncés en juin 2025 du Mérignac HB de Lylou et d'Enola respectivement vers Metz et Brest promettaient pour la saison à venir un duel particulier entre deux jeunes espoirs du handball, soeurs jumelles (qui viennent de fêter leur 21 ans ce 31 mai) formées à Mios. Didounet, très fan de Metz, très fan de Manu Mayonnade également, rêvait de refaire un détour par la Lorraine. Pour ma part, la belle affiche entre les deux locomotives du championnat, la découverte des Arènes suffisaient à me motiver pour ce long périple. Nous avons bien tenté de motiver les Toros à nous accompagner mais finalement c'est à deux, que nous ferons le déplacement. Après tout, ce projet était le nôtre...
Hasard du calendrier, la rencontre comptant pour la 21ème journée du championnat était programmée le dimanche 3 mai à l'issue d'un pont et sonnait comme la finale allant probablement décider de l'attribution du titre. Alors comment résister...
Nous partons donc le samedi matin à la fraiche, 7H précise comme prévue, du domicile de Didounet, le coffre chargé de lourds sacs remplis de victuailles et produits made in Sud-Ouest préparés par mon compagnon de route. Les chevreuils croisés le long de la A63 en remontant sur Bordeaux nous disaient au revoir, mais c'est bien par les nationales et départementales que nous avions décidé de nous acheminer vers notre lointaine destination. Ce voyage était l'occasion aussi de parcourir la belle campagne française. La Charente, la Haute Vienne, la Creuse, l'Indre et le Cher... halte au dessus de Vierzon pour pique niquer sous un soleil déjà pesant. Ne pas traîner, la route est encore longue.... La traversée des forêts de Sologne et de beaux petits villages égayent le trajet. Mais de toute façon, Didounet ne manque pas de petites histoires et les éclats de rire alternent avec des sujets plus sérieux, nos préoccupations du moment, nos soucis. Il faut dire qu'il s'en ait fallu de peu, que nous renoncions... mon ami n'est pas au sommet de sa forme mais il s'est accroché pour ne pas renoncer à ce déplacement auquel il tenait. Probablement savait-il aussi la joie que ces deux jours dédiés au handball me procuraient.
A l'approche de Montargis, je me disais que l'est de la France s'annonçait à nous sans imaginer que nous étions encore loin, très loin du but. Sens, Troyes les plaines de champagne et ses longues lignes droites interminables. On se croirait dans les Landes, les pins en moins. Saint Dizier, ça a l'air très moche mais j'imagine que les locaux y vivent heureux et fiers. On reprend l'autoroute pour un détour sur Nancy... enfin les premiers panneaux indicateurs annonçant Metz. On approche... certes, on a fait quelques arrêts techniques et cigarettes pour Didounet mais il est plus de 20H30, lorsque nous parvenons au Bristol en face de la monumentale gare de Metz. Nous prenons possession de notre chambre avec lits jumeaux pour ceux que cela intéresse et allons consommer un rafraîchissement en terrasse. La nuit tombe. Nous regagnons le 3ème étage de l'hôtel pour grignoter, manger sur le pouce. Le pâté maison commencé le midi, préparé dans le Pays Basque m'a laissé un bon souvenir... je l'étale à nouveau abondamment sur une généreuse tranche du pain de campagne. Nous recevons de bonnes nouvelles de Gironde, les miossaises ont brillamment remporté leur match face à Fleury. Génial, mais la fatigue l'emporte. Après un énième SMS pour rassurer les miens, je tombe dans les bras de Morphée. Didounet ne demande pas son reste.
Nous nous levons tôt mais la nuit a été bonne, probablement l'excitation d'une belle journée qui nous attend. Un petit déjeuner sucré-salé, histoire de bien caler l'estomac... un second café en terrasse sous le soleil. Didounet a débusqué un article dans la presse locale sur le match auquel nous allons assisté l'après midi. On se replonge dans le contexte. Brest et Metz font cavaliers seuls dans la Ligue Butagaz Energie. Les messines ont perdu au match aller à Brest de 4 buts, 23 à 27. elles doivent donc gagner aujourd'hui en l'emportant avec un écart significatif pour repasser devant au classement et espérer le titre. L'ambiance risque d'être chaude, Didier a croisé un supporter brestois qui lui annonce que les bretons sont venus en nombre. Mon compagnon et moi serions ravis de voir les Dragonnes conserver leur titre même si nous serions un peu tristes pour Enola bien évidemment. De toute façon, l'une des deux soeurs devra se réjouir pour l'autre, il y aura forcément une perdante ce soir. En fin de matinée, nous décidons de nous rapprocher des Arènes, ce n'est pas très loin. Nous ne sommes pas venus faire du tourisme. Finalement de Metz, nous ne verrons pas grand chose.
Bien nous en prend, il y a déjà foule, je laisse Didounet aux abords de la salle pour aller me garer bien plus loin. De nombreux joggeurs et familles fréquentent le parc de la Seille le dimanche matin. Une manifestation turque attirent de nombreux visiteurs. Les nuages commencent à cacher le ciel bleu du matin. Je rejoins mon ami qui a trouvé sa place sur le parvis des Arènes.
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Il y a encore 2 à 3 heures à patienter avant le début des hostilités mais qu'importe, le temps passe vite avec Didounet. Nous nous imprégnons des lieux, et de cette douce agitation. Ca y est, quelques maillots jaunes commencent à affluer tranquillement. Nous ne dépareillons pas avec nos maillots de Mios et nos écharpes des toros même si le jaune est un peu moins vif. Nous marquons notre attachement au Sud en arborant chacun un béret, pour Didounet le rose bien évidemment. Pour moi, c'est une première. Nous nous disons que nous pourrions peut-être voir les joueuses arriver, nous présumons que l'entrée des artistes est à l'arrière du complexe. Oui effectivement. Nous patientons une bonne trentaine de minutes et tenons compagnie au personnel de sécurité chargé de contrôler l'accès des VIP. Que du beau monde ! Monsieur le Maire de la ville de Metz est attendu. Nous apercevons le bien connu Xavier Hamel de Bein Sports glisser rapidement sur la rampe menant aux soubassement du bâtiment. Quelques supporters sont également présents. Les bénévoles eux défilent par groupes. Ils rejoignent leur poste comme les ouvriers le matin à l'abord des usines, chacun sachant exactement sa tâche et ses attributions promises. C'est une superbe organisation un match professionnel ! Une machine qui se met en marche, une belle mécanique presque invisible pour que l'accueil des spectateurs puisse se faire dans les meilleures conditions. Les grands club délivrent avant tout un spectacle. L'occasion, de souligner le rôle majeur de ces bénévoles sans qui rien ne peut se faire. L'un d'entre eux nous apostrophe en reconnaissant Didounet ou plutôt le béret rose de Didounet : " toi je te connais, je t'ai vu sur Facebook ! " La magie des réseaux sociaux peut aussi favoriser les contacts de chair et d'os. Nous échangeons quelques mots bien sympathiques.
Et voilà, les deux équipes arrivent tour à tour, d'abord Metz. Nous apercevons Manu en tête du cortège des minibus aux vitres teintées. Je crois qu'il a fait un bref signe de la main à Didounet avant de s'engouffrer dans le parking des Arènes. Ensuite, le car des brestoises. Les dragonnes ressortent rapidement du complexe pour faire quelques pas dans le parc et se dégourdir les jambes. Au passage, nous avons la bise de Lylou souriante. Au tour des brestoises et Enola qui s'approche tout en gardant ses distances pour ne pas nous contaminer. La jeune joueuse ne semble pas au meilleur de sa forme mais elle est là ! C'est sympa de voir toutes ces championnes, toutes proches, celles que l'on a coutume de voir par écran interposé. Nous croisons une supportrice de Metz, Perrine de mémoire, qui a fait le voyage d'Abbeville. Une picarde comme moi ! Elle nous avoue que sa passion remonte à loin, un match de coupe de France où le grand Metz était venu dans le nord de la France pour défier l'effectif entrainé à l'époque par une certaine Florence Sauval. Elle avait eu la chance d'approcher les jaunes et bleues, cet évènement l'avait marqué et depuis la passion du handball et des Dragonnes ne l'avait jamais quittée. C'est beau !
L'heure du match approche, nous regagnons l'entrée réservé au public de ce magnifique Palais des Sports, les files d'attente s'allongent mais l'accès reste fluide. Nous profitons des derniers instants pour nous restaurer. Les différentes buvettes ne sont pas encore prises d'assaut. Pendant que nous dégustons une pizza, nous faisons connaissances de deux supporters messins intrigués par nos maillots de Mios. Ils devinent rapidement les motivations de notre présence. Le contact est facile et la conversation chaleureuse. Le sport et le handball en particulier rapprochent et c'est pour cette raison qu'on l'aime.
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Il est temps de gagner nos places, nous serons au second étage. C'est toujours une sensation particulière de parcourir un long couloir peu éclairé, pousser la porte pour pénétrer dans une immense enceinte lumineuse et colorée, bruyante. Avec la curiosité et l'excitation, vous plongez en 1 seconde dans un univers vertigineux. Le monde change d'échelle, vous n'êtes plus qu'une petite étoile dans le ciel.
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Nous profitons silencieux de ces moments magiques. Que d'effervescence ! Les acteurs de ce grand évènement prennent place : simple spectateurs, officiels, médias. Les Arènes portent bien leur nom, les tribunes arrondies évoquent les antiques jeux du cirque. Les équipes commencent leur échauffement. D'un côté, le staff messin, Manu, Andryushina et Gérard demeure de marbre et pensif, assis sur le banc. De l'autre, côté visiteurs, Tervel, Mariot et Kreiss participent activement aux exercices au côté de leurs joueuses. Le contraste est saisissant. Le speaker ambiance, lance les premières animations et fait le show pour tous, nous faire entrer dans le match. Le kop entonne ses premiers refrains rythmés par le grondement sourd des grosses caisses. Les travées se garnissent copieusement de jaune. Les bretons sont bien là, regroupés au fin fond dans une courbe des tribunes mais pas aussi nombreux que le supporter du matin l'avait annoncé. Esbroufe.... de bonne guerre. Un superbe tifo est déployé par les supporters de dragonnes.
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Présentation des équipes : que des grands noms du handball français. Cela fait rêver ! Tout a été écrit sur le match et plutôt bien. Metz a fait un très gros match, les joueuses ont répondu présentes poussées par son public tout au long de la rencontre. Portées par une incroyable Granier dès le début, les dragonnes ont mené les débats parvenant à se détacher en fin de première période (17 à 15 MT). Brest est bousculé mais résiste. Les anciennes lorraines passées à l'ouest vont limiter la casse et maintenir au final l'écart à 4 buts : Gros en début de match, Broch en seconde mi-temps et Depuiset réalisant une parade décisive dans les ultimes secondes. Ex-Messines assassines !
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Résultat : victoire de Metz de 4 buts qui revient à hauteur au classement mais les ce sont bien les brestoises qui ont inscrit le plus de buts à l'extérieur qui sautent de joie ! Les deux équipes dominent tellement le championnat qu'à ce moment là, il est peu probable que Brest perde un point en route. Car c'est bien le goal average particulier qui départagera les équipes comptant le même nombre de point et ensuite le nombre de buts inscrit à l'extérieur. Les Dragonnes pourront regretter 2 à 3 tirs occasions manquées L'ambiance a été bouillante, une des meilleures affluence historique aux Arènes. Nous sommes ravis d'avoir vécu ce moment.
Les tribunes se vident. Nous reprenons notre souffle et savourons les derniers instants dans ces magnifiques Arènes. Les deux soeurs Borg échangent au centre du terrain. Nous les saluons de loin et quittons notre place pour regagner paisiblement le parvis. Didounet rencontrent des connaissances. Nous refaisons le match déçus. Je tente de consoler une fidèle supportrice en lui prédisant que les messines remporteront la Ligue des Champions. Depuis elles ont glané une nouvelle coupe de France, c'est déjà ça !
Nous regagnons la voiture, une longue route nous attend... Nous quittons Metz, non sans peine, quelques stations sont en panne seiche, la faute au détroit d'Ormuz. Nous roulerons tranquillement, c'est promis, dans la nuit, sous les abats-d'eau. Qu'importe... Après de nombreuses pauses dodo, quelques rencontres improbables sur les aires d'autoroute désertées, nous sommes de retour sur Bordeaux le lendemain vers 12H30. Que de bons moments avec mon ami Didounet ! On se l'était promis... on l'a fait.
Christophe D.