Pour les fans de Lormont Hauts de Garonne et de Mios Biganos Handball
31 Août 2025
Le personnage est pour moi emblématique du handball girondin et il me tenait à cœur de lui rendre hommage à travers ces lignes. Avec ses compagnons de route, il a accompagné et continue encore avec ferveur de suivre son club de cœur, le Mios Biganos mais pas que… Facilement reconnaissable dans les tribunes à son béret rose, Didier Lacouture, Didounet pour les amis, Didounett pour les intimes, a accepté de s’ouvrir en me prévenant toutefois, humilité oblige, qu’il n’aimait pas se mettre en avant. A travers lui, je l’ai vite compris, c’est aussi l’histoire d’un homme bien ancré dans l’histoire de ces deux villes collées l’une à l’autre, berceau de l’une des plus belles histoires du handball français.
C’est à Arcachon, le 3 juillet 1958 que Didier pousse son premier cri mais ce n’était pas encore dans une tribune. La famille originaire des Landes était venue s’installer quelques années auparavant à Biganos. Le papa, papetier de métier rejoignant l’usine « la Cellulose du Pin » qui se développe dans cette encore petite commune proche du bassin.
Le premier souvenir lié au sport de Didier, et il le dit avec émotion, c’est quand gamin, il accompagnait son père tracer les lignes d’en-but du stade municipal. C’est en effet le rugby qui va le faire galoper sur les terrains et met en exergue les valeurs du collectif qui lui tiennent à cœur. On l’imagine, petit demi-mêlée, balle en mains, espiègle et déjà au caractère bien trempé.
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Photo fournie par Didier assis 1er rang 1er à droite
Une dizaine d’années de rugby, ça fait des souvenirs, nous parcourons quelques photos ou coupures de presse :
« Là sur la photo, il y a Titou Duplessis, ici Bechade, qui a été capitaine de Salles »
L’ovalie, c’est une passion dans la famille, la maman de Didier, Odette , qui vit dans la maison d’à côté, ne rate aucune retransmission des matchs de l’UBB ou du Stade Toulousain.
Nait ensuite une seconde passion pour la pêche et la chasse du petit gibier. Il avoue avoir beaucoup parcouru les bois et passé son temps à la quête de la palombe qu’il se contente aujourd’hui de nourrir et d’abreuver lors des canicules sur la terrasse de son jardin. Les écureuils aussi profitent de ses petites attentions. Didier me montre quelques photos réalisées derrière la vitre du salon. Didier a troqué la carabine pour l’appareil numérique.
Deux salles, une même ambiance qui lui permettent de nouer de solides amitiés, vivre de grosses fêtes mais le font dériver dans certains excès qui deviennent vite une addiction. Didier en parle sans détour, il a eu un gros problème avec l’alcool. La cigarette aussi. Une consommation plus que de raison qui lui vaut actuellement de gros pépins de santé.
Il faut prendre en considération aussi la vie professionnelle de Didier. La ville de Biganos prospère au rythme de l’usine « la Cellulose du Pin », créée en 1924 par le groupe Saint Gobain. Didier y a été embauché en 78 dans les pas de son père. Les parents résident d’ailleurs dans une maison tout près et vendue par la fabrique de papier. Didier évoque avec nostalgie les centres de vacances mis à disposition, les clubs sportifs soutenus par l’usine. C’est près de 700 personnes à l’époque qui vivent de cette activité. Une vraie famille qui sait se mobiliser dans les rapports de force avec la Direction paternaliste. Les conditions de travail sont dures entre la charge physique et les horaires décalés.
Près de grosses machines qu’il fallait dompter, câliner, entretenir, il en a vu passer des tonnes de sacs en tout genre, pour le béton, les engrais, produits alimentaires. L’alcool, la cigarette, les réjouissances collectives ont été probablement une échappatoire facile pour tenir la cadence.
Les problèmes d’alcool valent quelques déboires professionnels à Didier, proche du licenciement, il est finalement relégué à son premier emploi dans l’usine, au ramassage des sacs.
Didier prend conscience qu’il lui faut changer d’hygiène de vie. Il y aura certes des rechutes sporadiques avec l’aide de « quelques bons copains », mais Didier est déterminé à se sauver des beuveries. Il affirme avec une once de fierté qu’il n’a plus touché une bouteille d’alcool depuis 1998.
Une belle histoire d’amour lui permettra de surmonter ses démons. Didier évoque cette période avec bonheur mêlé de reconnaissance.
Pour se faire, Didier change également d’univers et se lance dans la pratique du vélo. C’est dans l’effort et la progression de sa performance sportive, l’effacement des lignes droites et l’ascension des cols, que Didounet se procurera une nouvelle forme d’ivresse. Boulot Velo Dodo sera son nouveau Crédo. Au déjeuner après le retour des ateliers, succède la sortie à bicyclette. Didier accumule les kilomètres, en moyenne 200 par semaine et se prend au jeu en s’inscrivant à ses premières courses de relais de duathlon.
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Photo fournie par Didier 2ème en partant de la droite
Nous nous arrêtons sur de nouvelles photos que Didier avait eu la gentillesse de rassembler durant la semaine précédent notre rendez-vous.
« Ce monsieur-là connu dans le monde du vélo, il m’a offert mon premier vélo de course qu’il avait fabriqué sur mesure pour moi. Monsieur de Santi, c’est une famille cycliste d’ici ».
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Photo fournie par Didier ici avec Miguel Indurain
La situation de Didier s’améliore à l’usine, le contremaître lui demande s’il était capable de reconduire une machine. Il ne se fait pas prier.
Didier me donne à lire une lettre un peu jaunie, gardée précieusement, celle reçue de son ancien Directeur partant pour d'autres fonction, quelques mots d’une écriture régulière et magistrale, rappelant le moment où il était sur le point de le renvoyer mais tenant à souligner le parcours de Didier qui lui avait permis de redonner à nouveau sa confiance. La vie d’un homme n’est pas forcément linéaire, elle peut être semée de faiblesses, de défaillances rendant le retour en grâce d’autant plus méritoire. Ce témoignage est un cadeau des plus précieux aux yeux de Didier.
C’est aussi l’occasion de nouer une nouvelle passion avec le club de Mios Biganos qui émerge dans la hiérarchie du handball français sous l’impulsion de la famille Mayonnade.
« Il m’était déjà arrivé de voir quelques matchs, ça me plaisait. Les premiers contacts ont été très bons. J’ai pris ma première carte d’adhérent chez Roger et Pierrette. Ils me l’ont remise. Je me suis rendu chez eux sur le coup de midi, des joueuses étaient présentes à leur table. Malheureusement je ne retrouve plus la carte... j'ai cherché, j'ai mon premier permis de chasse mais pas celle-ci. J’étais le petit Lacouture. Ils connaissaient mon père ».
Roger Mayonnade est lui-même employé à la papeterie qui l’aidera grandement dans son projet. Fondateur du club de Mios en 1970 à la demande de ses trois fils et avec la bénédiction du Maire de l’époque, M. Henri Bravard, Roger, ancien footballeur de renom, était loin d’imaginer ce qui allait advenir. D’abord club uniquement masculin, les filles prennent vite l’ascendant en termes de résultats sportifs.
M. Mayonnade mettra toute son énergie à faire grandir son club durant sa présidence de près 45 années.
Surnommé « Papy » par ses joueuses, il les a accompagnées jusqu'au plus haut niveau.
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Crédit photo : Fabien Cottereau
Envisager un club accédant à l’élite du championnat de France issu de 2 petites bourgades girondines, allant gagner 1 coupe de France (2009) et 2 coupes d’Europe (2011 et 2015 avec le CA Bègles) relevait d’une utopie, les Mayonnade l’ont fait !
C’est en effet une histoire de famille. Le siège du club restera jusqu’en 2013 le domicile de Roger et Pierrette, son épouse, qui elle-même a longtemps été la trésorière et la secrétaire de l’association.
L’histoire du Mios-Biganos a aussi été émaillée de drames comme le décès brutal de Dominique, fils de Roger et entraineur de l’équipe phare. Celui qui avait emmené le club jusqu’en première division en 1995, s’éteint en 2005 à l’âge de 52 ans.
Un article de handzone de l’époque lui rendait ainsi hommage :
« Epicurien, croquant à pleine dent les plaisirs de la vie (Dominique) avait apporté au handball les qualités du bon entraîneur de rugby. Capable de maintenir ses joueuses en éveil, en leur proposant fréquemment du nouveau, l’homme savait alterner travail et régalade. Humaniste, humain, croyant tant au perceptible qu’à ces imperceptibles notions de joie, de plaisir, pionnier du handball féminin, il propageait naturellement ses valeurs au sein du club ; au sein de son club. Ambassadeur de la convivialité sportive, preuve vivante de l’existence d’un haut niveau sportif et humain, Dominique membre de la tribu Mayonnade avait su plus que toutes suites de chiffres froidement alignés promouvoir un club, un état d’esprit que beaucoup auraient aujourd’hui tendance à oublier. L’homme voulait et voudra voir Mios avancer, il savait les risques inhérents aux passions les plus fortes, mais il savait les joies de l’existence, il aimait à vivre à 300% pleinement, activement, et finalement peut-être était-ce cela sa façon de respecter la vie, de donner un sens à sa vie. Au service de son club, au service des siens, fidèle à ses idées, enjoué, discret et dynamique, s’est finalement échappé, mais il ne fait nul doute que de là-haut, fier de sa bonhomie pagnolesque « Domi » veillera encore longtemps sur les galipettes jaunes et noires de Mymy et de Mios ».
On imagine les obstacles à surmonter, les nuits blanches à rechercher des solutions pour Roger (son fils Gérard longtemps vice-Président qui a repris le flambeau au moment de l’entente avec le CA Bègles en 2013 précise que son père a tout fait pour son club : « Jusqu'à organiser un festival annuel de danses et musiques et arts du monde qui a parfois attiré 30.000 personnes, des lotos, des soirées dansantes pour alimenter les caisses »).
On suppose aussi la masse de travail pour les entraîneurs, d’abord Dominique puis Manu, son neveu, qui reprend la relève, la nécessité pour eux d’adapter les séances d’entraînement en présence de joueuses absorbées par leurs propres activités dans un sport en voie de professionnalisation.
Le club a capitalisé au mieux la richesse des handballeuses locales (Korfanty, Maubon) et réussit à faire venir des joueuses étrangères (Iacob, Szukielowicz, Zuccaro, Oborcokova, Ori, Gonzalez. « Certaines sont restées et ont fondé leur famille ici » précise Didier) ou talents français en devenir (Demoniere, Ciavatti, Deroin, Nze Minko, Foggea). Sur la fin, l’équipe du bassin avait même attiré quelques joueuses confirmées (Joseph-Mathieu, Baudouin, Filipovic).
Peu d’erreurs dans le casting, de grands noms ont porté les couleurs jaune et noir en conservant pour la plupart un excellent souvenir de leur passage en terre girondine.
Le climat familial a probablement été propice à la réussite de cette aventure avant tout humaine. Didier se rappelle que Roger logeait certaines joueuses à son domicile. Pierrette préparait les repas et géraient l’intendance si importante lors des déplacements. Manu Mayonnade confirme dans un interview en 2015 : « Ma grand-mère Pierrette fait une omelette comme personne, baveuse à souhait. Son poulet-frites vaut également le déplacement. J'ai un peu une famille de fous. Nous habitions tous à Mios, à proximité des uns et des autres. Pendant des années, on se retrouvait tous les midis chez elle pour déjeuner. Elle pouvait recevoir entre 8 et 20 personnes. A chaque fois, il y avait de la nourriture pour 20 sur la table ».
Rien de mieux pour la cohésion d’une équipe qui ne se battait pas que pour le cachet de fin de mois.
Didier cite spontanément : « Audrey (Deroin), Nono (NDLR : Noémie Lachaud), Paule (Baudoin), Alex (NDLR : Alexandra Lacrabère), j’ai un mot d’elle Magnifique ! Il y avait pas mal de filles qui sont passées-là qui étaient internationales : il y avait la fameuse Mymy (NDLR Myriam Korfanty). Mymy c’est un cas à part. Mymy, c’est Mymy. Estelle (Nze Minko) et Mymy, elles ont une place à part ».
Miossais de toujours, Roger était plus qu’impliqué pour sa commune. A son décès en janvier 2018, à l’âge de 89 ans, c’est toute la petite bourgade qui lui rend hommage :
« Généreux, engagé, dynamique, entier, volontaire, passionné…. Les qualificatifs ne manquent pour désigner Roger Mayonnade, figure emblématique de la commune. Fondateur du réputé club de Handball US Mios-Biganos, le Miossais est également reconnu pour sa forte implication locale à travers l’organisation des festivités comme Mios en Fête anciennement Festival de musique et de danse de Mios en 1994, ou encore les festivités du 14 juillet. Roger Mayonnade a tout naturellement occupé des fonctions d’adjoint à la mairie de Mios ».
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Crédit photo : Christian Ory
Le succès de cette histoire n’aurait probablement pas été possible sans l’engagement des bénévoles dès le début de l’histoire et des supporters qui apportaient un supplément d’âme aux joueuses.
Une floppée de souvenirs merveilleux pour Didier et ses compères. Des déplacements, des titres…
Didier se remémore :
« A la suite du titre mondial de 2003, j’étais avec 800 personnes venues attendre Mymy à la gare de Biganos. Il y avait des drapeaux jaunes et noirs qui s’agitaient tout le long du quai. Nous étions là pour la raccompagner jusqu’ à Mios. Ça dans ma carrière de supporter, c’est gravé ».
L’occasion de m’assurer qu’avec Didier, nous partageons les mêmes valeurs. Oui au chauvinisme, quand on est supporters, on entrevoit toujours les situations de match à l’avantage de son équipe mais toujours dans le respect des adversaires, des arbitres et des supporters du camp d’en face. Didier évoque ses liens d’amitiés avec les supporters du club de la Roche sur Yon par exemple (François, Maud…). Une fois le match terminé, on partage de bons moments confraternels, que Mios-Biganos gagne ou perde.
« Les supporters adverses viennent naturellement vers nous hormis ceux de Rochechouart avec qui on n’est pas copains. La première fois que nous nous sommes déplacés là-bas, on a été mal reçus, on leur rend la pareille ici. Je pense que c’est aquitain ».
Didier avoue avoir toujours préféré le handball féminin. A ce titre, il est également un fervent supporter des bleues. Nous partageons un moment à passer en revue les photos de deux déplacements aux championnats du monde de 2015 au Danemark et 2017 en Allemagne.
« Ces albums souvenirs, c’est le dessert »
Deux moments inoubliables organisés de la meilleure des façons par une jeune nantaise, Anaïs, qu’il tient en très haute estime. La rencontre avec le staff et les joueuses françaises très accessibles. La possibilité pour Didier de revoir son Estelle (Nze Minko). Des dédicaces très personnalisées de grands noms du handball, Krumbholz, Pineau, Zaadi… Quels souvenirs maintenant immortalisés dans les albums offerts à Didier par son frère, Jean-Marc, également présent lors de ces compétitions.
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Les supporters français dans la presse allemande en 2017
« Je suis fan de Metz également pour son Président M. Weizman. Si Manu reste depuis si longtemps à Metz c’est qu’il retrouve là-bas, un environnement proche de celui de Mios ».
Il me faut faire une parenthèse sur la relation entre les clubs de Mios-Biganos et Metz, le club de handball féminin le plus titré de France.
Le 2 mai 2009, L’US Mios Biganos affronte alors la meilleure équipe Française en finale de Coupe de France au Palais des Sports de Pau. Manu Mayonnade, jeune entraîneur, a succédé à son oncle Dominique depuis 2006. Les girondines sont menées de trois buts à la pause mais s’imposent en toute fin de match d’un but sur le score final de 29 à 28 (avec 9 buts de Maria Iacob).
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Photo fournie par Didier : retour à Mios après la victoire en Coupe de France ?
C’est à ce jour, le meilleur souvenir sportif du technicien : « Les supporters miossais avaient effectué le déplacement. Je revois encore l'équipe sympa de l'époque, la joie de mon grand-père. Il y avait aussi une charge émotionnelle forte car Alain Rousset, président de la région Aquitaine, avait débloqué la veille une subvention extraordinaire, permettant au club de continuer à vivre ».
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Crédit photo : Guillaume Bonnaud
Ce match laisse des traces côté mosellan deux ans plus tard en janvier 2011 au moment où les messines doivent se rendre en gironde pour un match de championnat avant deux autres déplacements périlleux.
Sébastien Gardillou, coach de Metz (aujourd’hui à la tête de l’équipe de France) est sur la réserve :
« Un dimanche après-midi à Mios devant une salle archi-comble, ça sent le match piège. Le Havre a réalisé un match nul chanceux et tiré par les cheveux à Mios (26-26) en début de saison. Toulon, le champion de France en titre, a perdu 38-37 dans leur salle. Preuve que j’ai raison d’être sur mes gardes. C’est surtout son public qui nous attend ».
Roger Mayonnade, le président girondin, lui, n’appréhende rien et déclare à la presse un ton amusé et l’accent chantant :
« On va jouer comme on fait d’habitude, normalement. J’ai toujours plaisir à recevoir Metz. Ils sont charmants comme tout. Si on gagne, on ne va pas décrocher la lune. Metz veut remporter la Coupe d’Europe, c’est normal ! Nous, on se récure les poches pour pouvoir aller en déplacement. Comparez nos subventions municipales, vous comprendrez. Je ne me plains pas et nous sommes heureux d’être petit car un jour, on deviendra grand. Metz est un exemple ! Un ami même. A l’époque de l’ancienne équipe dirigeante messine, je me souviens qu’on s’invitait à manger à chaque réception. Il y a quelques années, nous vivions grâce au revenu des forêts. La commune gagnait de l’argent grâce à nos forêts de pins. Un été, tout a brûlé puis la tempête a tout dévasté, nous étions ruinés ».
Il ajoute à l’attention de Gardillou :
« Notre public ! lui est bien vivant ! Qu’il se rassure, nous sommes bruyants mais corrects ».
Il y a tout dans cet échange par presse interposée : la sagacité de Roger Mayonnade qui sait déporter la pression sur l’adversaire. Son club n’est qu’un petit Poucet ! La façon de mobiliser les supporters.
En tous les cas, un immense respect entre les clubs qui verra M. Weizman se déplacer quelques années plus tard pour les obsèques de M. Roger Mayonnade. Et Manu Mayonnade est l’entraîneur de Metz depuis près de 10 ans.
Le temps passe et la situation du Club de Mios a quelque peu changé.
En 2013, Gérard Mayonnade a repris le flambeau et se résout à une entente avec le CA Bègles pour ce qui concerne l’équipe professionnelle, la réserve et le centre de formation :
« Aujourd'hui, papy est fatigué, j'ai pris le relais… C'est de plus en plus dur financièrement, et un combat permanent et de tous les jours. Nous, on a placé les relations humaines au coeur du projet, ça ne veut pas dire qu'on accepte tout de l'autre. Mais en se respectant mutuellement, en s'appréciant, on arrive à faire des choses assez exceptionnelles… C'est clair que notre fonctionnement est relativement atypique. Maintenant, on sait être à un tournant de notre histoire, si on ne se rapproche pas de Bègles et de l'agglomération bordelaise, on est mort. On a vécu des joies, des peines, mais on veut savourer ce dernier match contre Fleury, samedi. Notre plus belle joie, c'est celle que nous donnons à nos supporters : ils étaient une quarantaine avec nous, à Nîmes, pour le quart de finale retour des play-offs. Manu a pris le temps d'embrasser chacun, c'était fort. Ici, on mange handball, on dort handball ».
Malheureusement l’entente tourne court malgré des résultats sportifs exceptionnels : si l’équipe sauve sa place en D1 après un phase de play down bien négociée, elle remporte une seconde Challenge Cup incroyable en mai 2015.
La saison suivante, c’est le dépôt de bilan du de l’Union Bordeaux Bègles Mios Biganos en plein mois de novembre laissant énormément de regrets aux supporters…. L’équipe de Mios Biganos repartie en septembre 2016 en Nationale 2. Elle remonte vite et évolue solidement maintenant au 3ème échelon national, le plus haut niveau amateur.
Le Président ne porte plus le nom de Mayonnade malgré le retour de Yann, un petit fils de Roger, en août 2020 pendant 3 saisons.
C’est maintenant Jean Philippe Anay qui officie à la tête du club du Bassin. L’équipe ne dispute plus ses matchs à Biganos au gymnase de la Verrerie, lieux de tant d’exploits, mais bénéficie de superbes installations inaugurées en mars 2022, le complexe baptisé aux noms de Pierrette et Roger Mayonnade.
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L’esprit demeure d’autant que Myriam Korfanty et son mari, Jean Charles Borg ont pris en mains l’équipe première, que leurs jumelles, Lylou et Enola, formées au club viennent d’être recrutées par les deux plus grands clubs français actuels et sont promises à une très belle carrière (Lylou vient de connaitre ses premières caps sous le maillot de l’équipe de France). Marine Varache assure aujourd’hui la continuité sur le terrain sur les traces de sa maman Karine, « le même caractère, un pivot qu’on ne chatouille pas » précise Didier.
Peu importe ces changements, Didounet est viscéralement attaché à son club et aux joueuses.
« Mon club c’est Mios, j’ai pris le jaune et noir au lieu du vert et blanc qui sont les couleurs du rugby. J’ai opté pour le handball c’est comme une dette, un remerciement par rapport à ce que je suis maintenant. J’étais vraiment à la dérive au début… l’alcool… j’avais perdu mon permis de conduire. Dépression, traitement médical par la suite pour remonter… le manque… c’était difficile. J’aimerais bien que mon expérience serve aux autres ».
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Crédit photo : Gérald Boulangé
Les joueuses le lui rendent bien :
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« Certaines joueuses sont mes petites filles, elles s’inquiètent pour moi avant même les gens de la famille ».
Cette saison verra beaucoup de changements :
« Ma petite Laura part, Titine notre gardienne est enceinte, Jessica rejoint l’équipe réserve »
Didier nous délivre son analyse à la suite des matchs de préparation :
« Individuellement bien ! Collectivement, il y a du boulot ! Mais de sortie en sortie, ça commence à prendre forme. Hier, pour les 32 ans d’Aude, notre capitaine l’équipe s’est imposée en coupe chez nos voisins de Lège sur le score de 32 à 16, c’est un bon signe. »
Avec les rétrogradations administratives de Celles sur Belle, Bergerac, Nantes et Mérignac en N1 dans la poule de Mios-Biganos, la présence de grosses équipes comme Rochechouart et Angoulême, la saison 2025/2026 sera vraisemblablement des plus palpitantes. Les jaunes et noires se sont renforcées cet été pour viser initialement le podium. Ces derniers bouleversements compliqueront évidemment la tâche mais rien de plus exaltant pour un groupe jeune qui ne demande qu’à progresser. Poussées par ses supporters, les joueuses du Bassin auront probablement à cœur de vendre très chère la coquille d’huitre.
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Crédit photo : Gérald Boulangé
Riche d’un passé glorieux dont il doit conserver la singularité, le club de Mios-Biganos tend à retrouver un second souffle pour nourrir petit à petit de nouvelles ambitions. La tâche n’est pas si facile…
En tous les cas, le souhait des supporters et d’entendre le plus fréquemment possible le chant traditionnel que les joueuses entonnent avec le public les soirs de victoire à domicile :
Héééééééééééééééééééééééééééééééééééééééééééé !
Hop ! Jeunesse miossaise
Encore un succès, servez vite à boire
Après avoir souffert, les maillots jaune et noir
Ont connu le succès, la victoire
Hé ! Hop ! Joueurs, dirigeants trinquons tous gaiement
Au futur, à la gloire
A samedi prochain sur un autre terrains
Hé ! Hop ! Jeunesse miossaise olé !
Connais-tu ? Connais-tu ? Connais-tu ?
La jeunesse miossaise qu’on en soit convaincu
Que chez elles on est les bienvenus, les bienvenus
En son sein, cher voisin, on n’y cherche pas noise
Elle a toujours plus, elle n’a jamais déçu
Le jeunesse Miossaise
Pala pala ouhhhhhh !
L’association de supporters, les Toro’s est plus qu’impliquée dans la vie du Club de Mios-Biganos. En plus de ses activités pour se financer elle-même, elle est à l’origine d’actions pour soutenir le club : arbre de noël des jeunes licenciés, remise de chocolat aux licenciés par l’organisation de manifestations diverses : fête annuelle de l’andouillette à Mios sur les bords de la Leyre, vide-greniers... Elle lance également la Toro’s Cup, tournoi international U15 féminines qui se déroule au printemps depuis 2016.
Les Toro’s sont une vingtaine de membres :
« On fait pratiquement tous les déplacements en minibus, 9 personnes, les supporters de Mios c’est une famille pour moi. Le Président c’est le grand Didier. C’est des gens qui m’ont aidé dès le début, qui m’aident encore maintenant, ils savent très bien où j’en suis. Il y a entre autres Phiphi, Damien, Danielle notre Trésorière, mon frère ainé Jean-Marc, Cédric et sa maman Monique. Nous venons d’horizons très différents mais on fait bloc derrière l’équipe »
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Crédit photo : Gérald Boulangé
Les Toro’s seront présents au forum des associations de Mios qui se tiendra samedi 6 septembre 2025 à partir de 9H au parc Birabeille. Venez à leur rencontre !
J’ai eu la chance de partager une journée avec Didier qui m’a accueilli chez lui. Je le remercie pour sa confiance. En plus, je ne suis pas reparti les mains vides : l’écharpe des supporters de Mios et un béret rose qui fait quelques jaloux dans les milieux autorisés. Peu rancunier, Gérald (BoulanGé) m’a fait cadeau de belles photos pour agrémenter la lecture du présent et un peu long article (désolé).
Christophe D.